ELLE VIENT ENCHANTER L’EDITION FRANCAISE

Dans une période tourmentée, l’édition française mérite bien quelques bonnes nouvelles. En voici une. L’arrivée dans le paysage d’une nouvelle maison, les éditions Marie Romaine, fondée par Marie Romaine Panié. Littérature, essais, spiritualité. D’ici fin mai, la première salve comptera déjà dix volumes.

C’était le 27 octobre de l’année dernière. Une naissance arrivée par la poste. Des jumeaux de papier. Le premier, « Oser vouloir – Georgina Bazé – Une femme dans l’Histoire », signé de Marie Dufon-Roche, arrière-petite-fille de l’auteure, décrivait la trajectoire et les engagements d’une femme d’exception, née en 1859 à la Nouvelle-Orléans, morte en 1946 à Paris, engagée sur tous les fronts, à commencer par ceux des deux guerres qu’elle traversa en qualité d’infirmière-major, avec pour viatique son cher désir d’indépendance. Et mener sa vie de femme et de mère, ici et là sur la planète, débarrassée de la férule du patricarcat.

Deux ambassadrices de la maison: Marie Dufon-Roche…

Dans des périodes plus reposées, elle oeuvra aussi en faveur de la culture pour la jeunesse. Le second ouvrage, « Je ne serai pas toujours là », de la romancière, critique de cinéma et productrice radiophonique Catherine Soullard, mettait en scène un homme d’un âge déjà bien mûr établissant, sans détour et sur tous les plans, un premier bilan de sa vie.

…et Catherine Soullard

D’une présentation élégante, ces deux volumes n’émargeaient pas à un label connu. En bas à gauche, surgissait en rouge, en majuscule la lettre R. Comme en éclaireuse, elle posait son peton dans l’espace blanc de la couverture. Un petit pas pour la littérature, un grand pas pour Marie Romaine Panié, fondatrice, sous son prénom, des éditions Marie Romaine.

Cette coruscante septuagénaire descend de la famille Galitzine, « deuxième plus grande et plus noble maison princière de Russie » lit-on sur Wikipédia.

Mais n’attendez pas d’elle qu’elle fasse des manières. Lorsqu’elle a le petit doigt en l’air, c’est pour écouter bouillir l’eau des tagliatelles. Femme aux cent vies – avocate pénaliste, médiatrice en milieu carcéral, patronne du Théâtre Essaïon, la voici donc embarquée dans une nouvelle aventure et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle a démarré turbo. D’ici fin mai, dix titres auront paru sous l’une des trois bannières colorées de la maison. R rouge: collection Littérature ; R vert: Spiritualité ; R bleu: Essais.

Dix titres pour une première salve d’ici fin mai

A raison d’une dizaine d’ouvrages par an, les éditions Marie Romaine s’attacheront à garder « l’esprit grand ouvert sur l’époque et sur le monde ». Cette ambition prend un tour pratique. « Elles accompagneront les auteurs et leurs textes, qu’ils soient écrits ou traduits en français, et leur donneront le temps de bâtir une œuvre. Des lignes de force se dessineront mais il y aura de l’émotion avant toute chose. »

Marie Romaine Panié avec Joséphine Perez, l’une des membres de son équipe

A survoler la première salve, on peut ajouter à cette généreuse charte éditoriale une première impression : la maison ne se nourrira pas de ronron. Marie Romaine est comme les journalistes. De la même façon qu’elle n’est pas du genre à tourner en rond, elle soigne ses angles d’attaque. Ainsi, au registre Spiritualité, cette mécréante – à l’inverse de sa fille, l’auteure et comédienne Sophie Galitzine qui danse sa foi chrétienne sur scène et dont Marie publie “Faire Corps” – a ouvert ses portes à Bernard Besret, “scientifique de formation, moine bénédictin puis théologien à Rome, avant de devenir moine zen”. Il publie chez elle “Sonder l’insondable”.

Le vide, multiple porteur de sens et de formes, selon Bernard Besret

Si Peter Brook, grande figure de la mise en scène, donna dans un livre culte sa perception de « l’espace vide », dont il fit le titre, au théâtre, ce scientifique taoïste envisage le vide comme une entité « pleine d’informations, donnant sa forme à tout ce qui existe ». Au registre des essais, « Chaos machine », de Max Fisher, journaliste et chroniqueur pour le New-York Times, explore l’impact à deux étages, avec désastres en cascades, que créent algorithmes et réseaux sociaux tant sur le plan géopolitique qu’au foyer de monsieur et madame Toulemonde et leur progéniture.

Fisher et la toile empoisonnée des algorythmes. Sortie le 17 mai

Rayon littérature, la maison accueillera en mai en un même volume, sous le titre « La jeune captive » suivi de « Martyrs de l’absurde”, les deux premières œuvres de fiction d’un homme de loi réputé, Christian Charrière-Bournazel, membre éminent de la LICRA qui plaida à ce titre au procès Papon et fut, à celui de Barbie, le défenseur d’une de ses victimes.

Le premier roman d’un homme de loi. Sortie le 29 mai.

Il y est question d’« amours impossibles » dont le premier, la passion qui étreint un avocat et sa jeune cliente, chaste histoire d’amour au demeurant, connaîtra bien des tourments.

Le dernier mot en attendant tous les autres? Marie Romaine le cède au poète Paul Léautaud : « Ce qui fait le mérite d’un livre, ce ne sont pas ses qualités ou ses défauts. Il tient tout entier en ceci : qu’un autre que son auteur n’aurait pas pu l’écrire. »

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