Aux couleurs d’Isabelle

Professeure de physique-chimie à Paris, Isabelle Fouque trouve refuge dans la peinture en affichant sa passion pour les couleurs. Elle expose ses ‘Petits formats’ au cœur du Marais.

Après le noir et blanc de la journaliste, peintre et photographe Catherine Auclaire à Quimper, puis celui, flâneur et voyageur, du photographe Alain Auboiroux à Paris, il est temps de passer à la couleur. La franche, la généreuse, celle des étés franchement bleus, des variations de la mer sous ses déclinaisons de météo, celle des automnes sanglants travaillés d’or. Celle, enfin, des embrasements de verdures en tout genre, forêts, parcs, fond des étangs, tout ce qui nous rappelle que la vie ne s’écrit pas en demi-teinte. Isabelle Fouque, qui reconduit à ses heures perdues (et surtout gagnées !), en ses appartements, la tradition des salons littéraires ou musicaux, enseigne la physique et la chimie. Quand elle a fini de corriger – mythe de Sisyphe – ses centaines de copies, elle court à ses toiles et ses pinceaux. Sa couleur préférée, celle qui lui vient tout de suite à l’esprit, au cœur et aux lèvres, est le rouge. « C’est éclatant, c’est nerveux, c’est le désir ! » Son moment favori de la journée ? « La tombée de la nuit » et ses variantes de crépuscule.

Originaire de Suresnes, Isabelle a vu le jour à l’hôpital Foch. « Toutes les actrices accouchaient là ! » se souvient-elle. Son père, Gaston, mais qui préférait son deuxième prénom, Robert, a été ouvrier, technicien en bureautique, VRP puis, avec son épouse Michèle, a tenu à Beauvais le Café du Stade. Comme rien ne va jamais sans anecdote, elle nous raconte celle-ci. L’établissement était situé pile en face de l’entrée. Une aubaine pour les affaires. Lorsque le couple décida de revendre, il eut sacrément du nez car, dans les semaines qui suivirent, le stade changea radicalement de physionomie et transporta ses guichets à l’exact opposé d’où ils se trouvaient…

Isabelle Fouque. La mer
Sans titre

Isabelle a d’abord rêvé de devenir architecte. Mais papa ne voulut pas. Trop risqué à ses yeux. Ce furent les maths et les sciences. De belles et hautes études. Vint le mariage avec Philippe, astrophysicien versé dans le nucléaire et que le cours de la vie conduira en Afrique noire négocier des contrats de matière première. Philippe, brutalement décédé en mars 2020, peignait. « Il m’a dit : “tu essaies !” se souvient celle qui, gamine, avait dessiné un petit âne sur une plage garnie de palmiers puis, à douze ans, signé sa première toile sur un morceau de carton. “C’était le portrait d’une femme de profil. Je l’avais offert à ma grand-mère.”

Mais revenons à la vie comme elle va. Le couple a fait deux enfants, Julie et Raphaël, qui ont respectivement choisi de s’orienter vers des études de cinéma et d’art. A Londres, où le clan a habité plusieurs années, Isabelle a développé sa technique au sein de clubs de peintres, connu ses premières expositions. De ses escapades en Asie ou en Polynésie, elle a rapporté le goût des visages féminins et leurs silhouettes toutes en contemplation et patiences alanguies. Ils constituent, avec les paysages, la mer et les fleurs, les lignes directrices de son travail. Depuis son retour à Paris, elle expose régulièrement. Et notamment sur la Seine, à bord d’une péniche, où elle a récemment présenté ses marines. Tant il est vrai que les fleuves conduisent aux nouveaux horizons.

Ce jeudi 30 septembre, à partir de 19h30, Isabelle Fouque présente ses « Petits formats » au Seize, 16, rue Pastourelle, dans le 3eme arrondissement. Jusqu’au 30 octobre, sauf dimanche.

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