Houellebecq et le crépuscule enchanté

Si vous lisez ces mots tout chauds, écrits ce mercredi 29 juin, on donne ce soir encore à Paris, au Rex Club, le spectacle « Existence à basse altitude » constitué d’un choix de poèmes de Michel Houellebecq lus à quatre voix dont celle de l’auteur. A 19 heures puis 21 heures. Crépusculaire et envoûtant. Lucide sur la condition de l’homme mais portant au creux du ventre la possibilité de l’amour.

Merveilleux moment, parenthèse envoûtante où l’on apprend que la densité et l’évaporation peuvent naviguer de concert sur une mer sombre, arrosée de temps à autre d’un lait de pleine lune. Le tout est enveloppé d’une partition remontée des profondeurs. Cette messe sonore, cet au-delà venté aux orages soyeux, fiançailles affichées du païen et du mystique et, peu à peu, quasi hypnotique, est l’œuvre de Romain Poncet que les oiseaux de nuit techno connaissent aussi sous le nom de Traumer.

Le spectacle s’appelle « Existence à basse altitude ». Donné ici et là dans des boîtes de nuit de France et de Navarre, il est constitué d’un choix de poèmes de Michel Houellebecq.

Margot de Rochefort, Hugues Jourdain, Michel Houellebecq, Victorien Bornéat, Romain Poncet
Margot de Rochefort, Hugues Jourdain, Michel Houellebecq, Victorien Bornéat, Romain Poncet

Quatre voix portent ces textes tour à tour : celles de Victorien Bornéat, à l’origine du projet, et Hugues Jourdain, qui signent la mise en scène; celle de Margot de Rochefort et celle de l’écrivain lui-même, droit au micro, disant ses mots qui fouillent avec une vraie tendresse un monde, le nôtre, qui ne lui parle plus mais auquel il fait encore la conversation comme l’amour. Et ce mouvement d’horloge intérieure, cette mélodie ondulante pour oreille interne, s’appuie sur un désespoir acté pour mieux prendre le parti, et le pari, d’espérer. C’est ainsi qu’à la sortie, la nuit largement tombée n’est jamais apparue aussi lumineuse.

J’ai longtemps douté de la poésie d’Houellebecq. J’aurais dû la lire à haute voix. Il n’est jamais trop tard pour bien entendre et le temps nous y aide. J’ai compris lundi soir que l’auteur de « La possibilité d’une île », prix Goncourt en 2010 pour « La Carte et le territoire », était un grand, très grand et – c’est un mot tellement idiot mais tout de même – moderne, poète.

« Entré en dépendance entière

Je sais le tremblement de l’être

L’hésitation à disparaître

Le soleil qui frappe en lisière »

 Rex Club, 5 boulevard Poissonnière. Ce soir 29 juin, 19heures et 21 heures.

Réservations du dernier carat, sinon ce sera pour une autre fois :

https:/shotgun.live/events/michel-houellebecq-au-rex-club-avec-traumer

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