ELLE OFFRE A VICTOR HUGO SON PREMIER PRIX LITTERAIRE

Dans une France couverte de prix littéraires, il n’en existait aucun pour saluer la mémoire de Victor Hugo. C’est désormais chose faite. C’est une lauréate dûment capée qui ouvre le bal avec un beau-livre sur Notre-Dame de Paris, point d’orgue de l’œuvre romanesque hugolienne, au prisme les liens sans cesse tressés entre sacré et pouvoir politique.

Tout arrive ! Il suffit d’être patient. Ou de s’apercevoir, comme dans la chanson d’Aznavour, que le hasard a le chic pour « provoquer les choses » et qu’alors « le destin, un instant prend la pause ». Le destin est une notion qui colle à la peau de Victor Hugo. Sauf que, dans la flopée de prix littéraires qui participent à l’exception culturelle de notre pays (deux-mille recensés mais il faudra vérifier auprès de Bertrand Labes, auteur d’un guide sur le sujet), cet empereur des lettres françaises n’en comptait pas un à son nom.

Non Françoise Chandernagor n’interprète pas une chanson de la comédie musicale Notre-Dame de Paris. Autour d’elle, de gauche à droite, Marie Hugo, Maryvonne de Saint Pulgent, Angela Assouline-Yadgaroff et Jérémy Redler, maire du 16eme. Photo: Philippe Schroeder

Grâces soient donc rendues à Angela Assouline-Yadgaroff, figure de l’événementiel culturel, d’avoir comblé cette lacune et rassemblé autour de son initiative un éminent aréopage : Marie Hugo, marraine du prix en sa qualité de  descendante directe de le l’écrivain, Françoise Chandernagor, de l’Académie Goncourt, présidente, Sir Michael Edwards, poète, membre de l’Académie française, président d’honneur et, à tout hôte tout honneur, Nicolas Richard, à la barre depuis quatre ans de cet élégant et chaleureux établissement qu’est la Brasserie Victor Hugo au 4 de la place du même nom, dans le 16eme arrondissement.

Un beau-livre pour un démarrage en beauté

Chaque année désormais, le jury, dont Angela, secrétaire générale du Prix, et qui accueille notamment en son cercle les journalistes Eric Fottorino et Franz-Olivier Giesbert, l’écrivain Benoît Duteurtre ou encore l’historienne du théâtre et du romantisme français Florence Naugrette, spécialiste du grand Victor, aura à se pencher sur une sélection multigenre. Des biographies évidemment, de Hugo « ou d’un de ses proches », mais aussi, lit-on dans sa charte, «des essais, pamphlets, romans ou « choses vues », illustrant la défense des libertés de pensée et d’expression, le droit à une justice impartiale, le droit universel à l’instruction, et la résistance aux totalitarismes ». Autant d’axes qui résonnent au plus fort aujourd’hui. Le prix Victor Hugo est doté de 10 000 €. Et comme il n’y a de nos jours plus de culture sans mécénat, il n’est pas déplacé de citer ses partenaires: la Fondation Marc Ladreit de Lacharrière, la joaillerie Heurgon, le cabinet Jean-Jacques Neuer et la Brasserie Victor Hugo.

Elégance…

Pour cette mise à feu, l’hugolien cénacle a choisi de la jouer symbolique et de mettre d’entrée l’église, ou plutôt la cathédrale, au milieu du village. Ses membres ont même commencé en beauté puisqu’ils ont couronné, publié chez Gallimard, un ouvrage au format de… beau-livre, couverture en dur et contenu enrichi de nombreuses illustrations sur papier glacé. Son titre : « la Gloire de Notre-Dame – la foi et le pouvoir ».

…et richesse d’illustrations

L’auteure est une pointure puisqu’il s’agit de l’essayiste, historienne et musicienne, à la rutilante carrière de haute-fonctionnaire, Maryvonne de Saint Pulgent. L’incendie du 15 avril 2019 en a été l’étincelle et le fil du récit, tel que le sous-titre de son essai en exprime sans détour la nature, consiste à raconter comment ce paquebot a rayonné de multiples façons et comment sa dimension sacrée est intimement liée à la grande histoire politique jusqu’à trouver sa place « dans la liturgie du pouvoir républicain ». Tandis que la restauration du monument se poursuit, on souhaite à cet ouvrage édifiant et fouillé des ventes en flèche.

« La Gloire de Notre-Dame – la foi et le pouvoir », de Maryvonne de Saint Pulgent », éd. Gallimard, coll « Bibliothèque des histoires », 440 pages, 86 illustrations, 32€ (Photo d’ouverture: Philippe Schroeder

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